Article les Echos de Mr Michel De Grandi

Vous trouverez ci-dessous l'article de Mr Michel De Grandi paru dans le journal "les échos" le 9 mars et pour lequel il a interviewé Mr Patrice Rollet, notre directeur Général :

Pour les entreprises de taille moyenne, l'Inde reste un marché difficile à décrypter

Les grands groupes français sont déjà présents. Mais beaucoup d'entreprises de taille intermédiaire réfléchissent à ce marché dont les besoins n'ont d'égal que la complexité.

Ils n'ont pas attendu la venue du président de la République pour se développer en Inde. Les plus grands noms comme Airbus ont noué de longue date des partenariats avec des groupes nationaux (Tata, Mahindra).


Dassault Systems, Technicolor, Société Générale sont présents aussi ou encore Decathlon qui estime avoir créé le marché de l'équipement sportif et de loisirs. Combien de succès pour combien d'échecs ? Difficile à dire. Ce qui est sûr, c'est que, plus qu'ailleurs, les entreprises cherchent déjà à s'informer sur ce marché qu'elles jugent globalement complexe.
Circuits de décision opaques
Quelques mois avant le voyage présidentiel, Medef International a conduit une délégation d'hommes et femmes d'affaires, précisément pour les aider à mieux comprendre les rouages de ce marché, identifier les pôles de croissance et aussi faire avancer les dossiers en cours. Pour certains, il s'agissait d'un déplacement exploratoire, pour d'autres l'occasion de mieux décrypter les circuits de décision souvent complexes, pour ne pas dire opaques.
C'est précisément pour y voir plus clair qu' Inventec (groupe Dehon), spécialisée dans les produits chimiques de performance pour les industries high tech, a fait le déplacement. La PME, qui a une dizaine d'implantations dans le monde dont une en Chine, alimente déjà le marché indien. Mais elle le fait depuis son site industriel de Malaisie. Avec un certain succès puisque l'activité, démarrée il y a à peine trois ans, génère déjà un chiffre d'affaires de 500.000 dollars, attendu à 2 millions de dollars d'ici 2021. L'entreprise s'est donnée un an pour nourrir sa réflexion avant de décider d'aller, ou non, plus en avant sur un projet avec le gouvernement lui permettant de réduire ses émissions de gaz à effet de serre dans une proportion allant de 0,5 à 1 million de tonnes équivalent CO2.

Eviter de faire fausse route
L'entreprise française, qui ne sera pas dans la délégation présidentielle, veut éviter de faire fausse route : « Les délais en Inde sont beaucoup plus longs qu'ailleurs. On ne sait jamais vraiment comment évolue un projet. On pense arrêter alors qu'en fait, le dossier est toujours en cours »,résume Patrice Rollet, son directeur général. Le pays reste difficile à lire. La fierté nationaliste est ressentie à tous les échelons, les Indiens font d'ailleurs bien sentir que « ce sont eux qui se développent, les étrangers étant là pour les aider », explique l'homme d'affaires. Et non l'inverse.

Efficacité énergétique
Pascal Teurquetil, directeur général de Groupe Muller , n'est pas à proprement parler un nouveau venu dans le monde de l'international. L'ETI familiale, spécialisée dans l'efficacité énergétique appliquée notamment à l'habitat, vend dans plus de cinquante pays et vient de se voir gratifiée de deux awards au CES de Las Vegas. L'Inde reste pour ce groupe qui surfe sur la transition environnementale un marché à part, consulté jusque-là pour des composants non stratégiques.
A présent, l'entreprise veut profiter de la révolution digitale en Inde et regarde de près les 108 projets de villes intelligentes que l'Etat indien veut promouvoir. Groupe Muller se verrait bien « apporter son savoir-faire à des bâtiments plus vertueux et plus durables », explique Pascal Teurquetil, qui veut aussi nouer des partenariats en matière d'« open innovation » avec l'Inde.
A ce stade, pour cette entreprise aussi, toutes les options sont sur la table. Elle peut soit venir dans le sillage de grands groupes français , soit procéder de façon plus isolée. Mais cela suppose beaucoup d'adaptations au sein même de l'entreprise : « Il faut que nous nous structurions dans cette perspective et ne pas espérer avoir un retour rapide sur investissement ». Il faut aussi prévoir de « recruter et de former des ingénieurs indiens en France avant de les renvoyer dans leur pays d'origine », explique le directeur général. Et d'ajouter : « On est familial, on investit dans le long terme ».
Michel De Grandi

 

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